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Conversation avec
John Lalor

  • Jeudi 22 octobre
  • 19h30
  • Entrée libre, réservation conseillée

Billetterie

Les toiles de l’artiste John Lalor sont présentées dans l’exposition actuelle du CCI Everyone Should Have a Home. L'artiste échange ces soir avec l’écrivain John Holten autour de son nouveau roman, Moment of Surrender (publié par IMMA), et du film, Easter Weekend, qui l’accompagne.

Installé et travaillant entre l’Irlande et Paris depuis la fin des années 1980, John Lalor est un peintre, sculpteur, scénographe, cinéaste et écrivain accompli. Il utilise des peintures en série, des maquettes et des modèles à différentes échelles, ainsi que des textes et des films, pour interroger le médium de la peinture et explorer les relations entre peinture, cinéma et texte. Son travail a été largement exposé en Irlande comme en France.

Le roman de John Lalor, Moment of Surrender, occupe une place incertaine entre fiction, journal intime et critique d’art. Au cœur du récit se trouve l’expérience d’un père confronté à l’effondrement économique, au chômage, à l’endettement, aux responsabilités familiales et à l’érosion progressive de ses certitudes. Le récit se déploie à travers des moments intimes et des observations de Dublin : rues, bâtiments, projets immobiliers inachevés, espaces domestiques, conditions météorologiques et rencontres. Ces détails deviennent à la fois des décors fictionnels et les témoignages d’une réalité sociale particulière. Plutôt que de proposer un roman conventionnel construit autour d’une intrigue linéaire, John Lalor élabore un récit fragmenté dans lequel expérience vécue, observation, mémoire et réflexion se chevauchent continuellement. Le livre prolonge l’univers de ses peintures et de son film, tout en s’affirmant comme une œuvre littéraire autonome, interrogeant la frontière entre le commencement d’une œuvre d’art et la fin de la vie d’un artiste.

Easter Weekend
, le film de fiction de 30 minutes de John Lalor, situé dans le Dublin contemporain, suit un jeune père confronté aux conséquences de l’effondrement économique, aux responsabilités familiales et à un monde de plus en plus incertain. L’approche du réalisateur est délibérément sobre. Les dialogues sont rares, tandis que l’architecture, les intérieurs, les conditions météorologiques, le silence et les mouvements du corps deviennent des vecteurs de sens. Le film partage avec les peintures leur langage fragmenté, dans lequel les moments sont observés plutôt qu’expliqués, permettant au récit d’émerger progressivement à travers la répétition et la durée. La ville devient à la fois décor et paysage psychologique. Ensemble, le film et la peinture créent un continuum cinématographique où une image fixe peut évoquer une image de film remémorée, tandis que le film lui-même devient une peinture qui se déploie dans le temps.